Maîtrise les ☞ bases techniques pour transformer
ta créativité en ✧ images inoubliables

Pourquoi s’intéresser à la technique ?
1 min
  • Faire des choix plutôt que « au feeling »
  • Comprendre → anticiper → créer — même (surtout !) en argentique
  • Garder une part d’intuition, mais sur des bases solides
  • La technique n’est pas l’ennemie de la créativité : c’est son tremplin. Quand tu sais comment la lumière est mesurée, comment fonctionnent diaphragme et obturateur, tu transformes l’aléatoire en intention. Avec l’argentique, où chaque déclenchement coûte, être capable de prédire le rendu t’économise du film et des frustrations. L’idée n’est pas d’étouffer l’instinct ; c’est de lui donner un vocabulaire précis pour s’exprimer.
    Les grandes familles d’appareils
    2 min
    Famille+Exemples
    Smartphone / compactToujours sur soi, auto-mode assuréCapteur petit, peu de contrôleiPhone, Ricoh GR
    Bridge / super-zoomGrosse amplitude focale, viseurCapteur petit-moyenSony RX10
    Réflex / DSLRViseur optique, écosystème d’optiquesGabarit, miroir bruyantCanon 5D
    Hybride / mirrorlessLéger, viseur électronique, vidéoAutonomie moyenneFuji X-T5
    Argentique 35 mmRendu unique, coût d’entrée faibleFilm + laboPentax K1000
    Moyen formatNégatif immense, piquéPrix, encombrementMamiya RB67
    Entre le smartphone de poche et la chambre grand format, chaque système répond à un besoin : mobilité, contrôle, look, budget. Pour débuter en argentique, le 35 mm est l'équilibre idéal : matériel abordable, films faciles à trouver, accessoires nombreux. Connaître cette « carte des formats » t'évite de te perdre dans le jargon (APS-C, micro-4/3, 120, etc.) et t'aide à comprendre pourquoi un même 50 mm ne donnera pas le même champ sur un Leica M6 (24×36 mm) et un Hasselblad 500 C (6×6 cm).
    Le triangle d’exposition
    3 min
    ParamètreSymboleEffet créatifRisque / limite
    Ouverturef/NProfondeur de champDiffraction, aberrations
    Vitesset ou 1/tFlou ou gel du mouvementBougé main
    ISO / filmISO ou ASASensibilité basse lumièreGrain / bruit
    Imagine trois robinets qui remplissent un seau : ouvrir davantage le diaphragme, rallonger la pose ou « booster » la sensibilité font tous entrer plus de lumière, mais chacun change aussi l’image. En numérique on bouge les trois ; en argentique l’ISO est fixé par le film, donc tu jongles surtout entre ouverture et vitesse. Comprendre ce triangle, c’est savoir « sacrifier » un paramètre pour sauver les deux autres quand la lumière se fait rare.
    Comprendre l’ouverture
    2 min
  • Nombre f/ = focale ÷ diamètre du diaphragme
  • Plus le chiffre est petit → plus de lumière → bokeh marqué
  • Échelle « ×2 » : f/1.4 → f/2 → f/2.8 → f/4…
  • En argentique, priorité ouverture : l’appareil ajuste la vitesse ; sinon, la règle Sunny 16 dépanne sans posemètre.
  • L’ouverture agit comme la pupille de l’œil : grande-ouverte la nuit, contractée en plein soleil. Au-delà de la quantité de lumière, elle dessine l’arrière-plan : un portrait à f/1.8 fait disparaître un décor distrayant, tandis qu’un paysage à f/11 assure netteté jusque dans les montagnes. Connaître l’échelle te permet d’ajuster au jugé quand tu veux travailler « à l’instinct ».
    Profondeur de champ & focale
    4 min

    Profondeur de champ

  • Zone nette devant + derrière le point de focus
  • Dépend de : ouverture, distance sujet, focale, taille de capteur/négatif
  • Pour l’accentuer : fermer (f/8+), reculer, focale courte
  • Pour l’isoler : ouvrir (f/2-), s’approcher, focale longue
  • Focale

    TypeAngle de champUsage principal
    Ultra-grand-angle < 24 mmTrès large, 84 °+Immersion, architecture, paysage dramatique
    Standard 35-50 mmProche de l’œil humain (~45 °)Reportage, rue, « tout-terrain »
    Télé 85 mm+Étroit, < 28 °Portrait, sport, compression des plans
    La profondeur de champ fonctionne comme la vision humaine : quand tu fixes un objet proche, l'arrière-plan devient naturellement flou. C'est cet effet « wow » qu'on envie aux pros : arrière-plan crémeux, sujet qui saute aux yeux. Comprendre comment ouverture et distance interagissent t'évite de te demander « pourquoi mon f/1.8 ne floute rien » sur un bâtiment à 50 m. La focale sculpte la perspective différemment de l'œil humain (qui a une focale fixe ~22mm) : le télé comprime les plans comme une vue éloignée qui rapproche les éléments, le grand-angle exagère la profondeur comme quand on se penche très près d'une scène.
    Vitesse d’obturation
    2 min
  • 1 / focale ≈ vitesse mini à main levée (50 mm → 1/60 s)
  • Rapide (1/1000 s) : fige un skateboard
  • Lente (1 s) : filé d’eau, light-painting
  • En argentique, pour > 1 s : mode B + câble souple
  • La vitesse d'obturation, c'est comme un clignement d'œil contrôlé : un clin d'œil ultra-rapide fige l'action, un regard prolongé capture le mouvement. L'œil humain « voit » à environ 1/60 s — en dessous, tout devient flou à cause du tremblement naturel (d'où la règle 1/focale). L'obturateur transforme cette perception : une cascade devient rideau de soie, un danseur se mue en silhouette nette. En argentique, le mode Bulb (« B ») garde le rideau ouvert comme un œil qui ne se ferme pas — idéal pour capturer la nuit.
    ISO & choix du film
    2 min
    ISO filmLumière idéaleGrainLook typique
    50-100Plein soleilUltra-finVelvia 50, Ektar 100
    200-400Mixte (polyvalent)ModéréPortra 400
    800-3200Basse lumièrePrononcéCinestill 800T, Delta 3200
    L'ISO, c'est la sensibilité de ton « œil artificiel ». Comme ta pupille s'adapte à l'obscurité (mais avec du grain visuel qui apparaît dans le noir), l'ISO monte la sensibilité au prix d'un grain croissant. En argentique, c'est la chimie même du film : grain fin comme une vision parfaite en plein jour (ISO 100), ou grain marqué comme la vision nocturne granuleuse (ISO 3200). Choisir un film, c'est choisir comment ton appareil « voit » : finesse technicolor d'un Ektar 100, douceur pastel d'un Portra 400. Note tes essais : le labo est ta salle de classe.
    Composition express
    3 min
  • Règle des tiers
  • Lignes directrices, diagonales, cadres naturels
  • Varier la perspective (s’accroupir, plonger, contre-plongée)
  • Laisser « respirer » le sujet (espace négatif)
  • Storytelling : penser en série plutôt qu’en image unique
  • Conclusion & exercices (1 min)

    1. Film ISO 400, priorité ouverture — concentre-toi sur la profondeur de champ.

    2. Trois mini-séries :

  • f/2 : portrait, arrière-plan flou
  • f/8 : scène de rue, plan large
  • 1/30 s sur trépied : mouvement (eau, trafic de nuit)
  • 3. Note ouverture, vitesse, distance, ressenti → compare aux négatifs.

    Apprendre la photo, c'est surtout regarder. Comme l'œil s'éduque en observant la peinture, ton regard photographique s'affine en analysant la lumière : comment elle glisse sur les visages, comment l'ombre dure de midi devient douce à l'aube. Reviens à tes planches-contacts, analyse réussites et ratés : c'est là que la théorie se grave vraiment. L'appareil devient extension de ta vision. Bonne prise de vue !